Il advient parfois que l’étrange s’exile hors des châteaux écossais, des cloîtres médiévaux, ou des noires étendues marécageuses, pour venir s’installer au beau milieu du rationnel. Et quoi de plus rationnel, de plus concret, qu’un abribus au pied d’un CHU, celui de Caen par exemple. Et cet arrêt, en tous points conforme aux normes en vigueur pour ce type de construction, n’abrite pas toujours que de simples bipèdes en attente du dernier bus.
De temps à autres il arrive en effet qu’une jeune fille se tienne à quelque distance de cet abribus. Il est fort tard, elle est tout de blanc vêtue, fait du stop, et désire rentrer chez elle, à Luc-sur-mer. Elle fait semble-t-il assez souvent le trajet, puisque bon nombre de personnes l’ont déjà prise à bord de leur véhicule. Le scénario est immuablement le même, parfaitement huilé. Elle est très jolie, mais reste silencieuse et calme, presque absente, du moins jusqu’à la traversée de Mathieu où elle montre certains signes d’angoisse, pour finalement paniquer à l’entrée de Luc : "Faites attention, le virage est dangereux." Ce sont les seules paroles qu’elle prononce durant le voyage. Tous les témoins qui l’ont eue à leur bord l’affirment, il est impossible de la calmer, même en roulant avec la plus extrême prudence. Une fois le virage passé, elle a disparu. En 1970 une jeune femme qui revenait de Caen a été victime d’un accident mortel dans ce même virage...la mystérieuse auto-stopeuse du CHU est apparue voilà maintenant un peu plus de trente ans.
Cas de figure à peu près similaire au carrefour de Balleroy, et ce depuis 1960, date à laquelle une jeune fille d’une vingtaine d’années a également trouvé la mort dans accident de voiture. Plusieurs habitants du village l’ont déjà prise à leur bord. Elle se tient toujours au même au même endroit, à la sortie du hameau, et désire se rendre chez sa mère, il fait nuit bien-sûr. Elle a été vue pour la dernière fois en 2005. Cette fois-ci elle ne faisait pas de stop, mais était tout simplement installée au beau milieu de la chaussée, obligeant un automobiliste à s’arrêter pile devant elle. Bien entendu lorsque les deux occupants du véhicule descendent ils ne voient rien ni personne, encore volatilisée la belle noctambule.
Plus étrange encore, une histoire qui m’a été racontée il y a bien longtemps déjà par une très vieille femme un soir de grand vent et de terrible orage. C’est faux bien entendu, mais je trouve que dans le contexte ça aurait eu une certaine tenue. L’histoire, par contre est tout ce qu’il y a d’authentique. Elle se déroule en 1977, en Isère. Un médecin grenoblois qui regagne ses pénates prend en stop une jeune fille. Il pleut énormèment, elle parle peu, fait presque "la gueule". Et comme dans le cas de l’auto-stopeuse caennaise elle s’affole à l’approche d’un endroit précis, un lieu-dit, en la circonstance : Le-Pont-du-Furet. Passé ce coin qui manifestement ne l’enthousiasme guère, elle demande au médecin de la déposer devant une maison qu’elle affirme être celle de ses parents. La pluie tombe toujours très violemment, le toubib lui propose alors son parapluie, mais lui demande de bien vouloir le lui ramener une fois qu’elle se sera couverte d’une capuche ou d’un imper. Il la voit ouvrir la porte et pénétrer dans la maison. Il attend, cinq minutes, dix minutes, un quart d’heure, puis se décide à aller frapper à la porte. Ce sont deux quinquagénaires qui lui ouvrent, la conversation s’engage. Oui, effectivement, la jeune fille décrite par le médecin a bien habité cette demeure, c’était leur fille unique, mais elle est enterrée depuis des années, un accident de moto, pas très loin d’ici d’ailleurs...au Pont-du-Furet.
Quelle(s) conclusion(s) tirer de tout cela ? Aucune bien-sûr. Quelques constatations tout au plus. Tout d’abord ces apparitions ne se produisent que de nuit, et ce sont toujours des femmes, généralement jeunes et jolies, et presque systématiquement vêtues de blanc. Pourquoi de blanc ? A ce propos certains avancent l’hypothèse que dans la mesure où ces jeunnes femmes ont pour la plupart trouvé la mort en sortant de boîte de nuit, elles portent encore les vêtements qui permettent de se mettre en valeur sous les spots de lumière noire des night-club. Après tout pourquoi pas. En tout cas pour le moment il faudra s’en contenter, ou alors considérer que beaucoup d’automobilistes ne sont que de gentils farceurs.
Il advient parfois que l’étrange s’exile hors des châteaux écossais, des cloîtres médiévaux, ou des noires étendues marécageuses, pour venir s’installer au beau milieu du rationnel. Et quoi de plus rationnel, de plus concret, qu’un abribus au pied d’un CHU, celui de Caen par exemple. Et cet arrêt, en tous points conforme aux normes en vigueur pour ce type de construction, n’abrite pas toujours que de simples bipèdes en attente du dernier bus.
De temps à autres il arrive en effet qu’une jeune fille se tienne à quelque distance de cet abribus. Il est fort tard, elle est tout de blanc vêtue, fait du stop, et désire rentrer chez elle, à Luc-sur-mer. Elle fait semble-t-il assez souvent le trajet, puisque bon nombre de personnes l’ont déjà prise à bord de leur véhicule. Le scénario est immuablement le même, parfaitement huilé. Elle est très jolie, mais reste silencieuse et calme, presque absente, du moins jusqu’à la traversée de Mathieu où elle montre certains signes d’angoisse, pour finalement paniquer à l’entrée de Luc : "Faites attention, le virage est dangereux." Ce sont les seules paroles qu’elle prononce durant le voyage. Tous les témoins qui l’ont eue à leur bord l’affirment, il est impossible de la calmer, même en roulant avec la plus extrême prudence. Une fois le virage passé, elle a disparu. En 1970 une jeune femme qui revenait de Caen a été victime d’un accident mortel dans ce même virage...la mystérieuse auto-stopeuse du CHU est apparue voilà maintenant un peu plus de trente ans.
Cas de figure à peu près similaire au carrefour de Balleroy, et ce depuis 1960, date à laquelle une jeune fille d’une vingtaine d’années a également trouvé la mort dans accident de voiture. Plusieurs habitants du village l’ont déjà prise à leur bord. Elle se tient toujours au même au même endroit, à la sortie du hameau, et désire se rendre chez sa mère, il fait nuit bien-sûr. Elle a été vue pour la dernière fois en 2005. Cette fois-ci elle ne faisait pas de stop, mais était tout simplement installée au beau milieu de la chaussée, obligeant un automobiliste à s’arrêter pile devant elle. Bien entendu lorsque les deux occupants du véhicule descendent ils ne voient rien ni personne, encore volatilisée la belle noctambule.
Plus étrange encore, une histoire qui m’a été racontée il y a bien longtemps déjà par une très vieille femme un soir de grand vent et de terrible orage. C’est faux bien entendu, mais je trouve que dans le contexte ça aurait eu une certaine tenue. L’histoire, par contre est tout ce qu’il y a d’authentique. Elle se déroule en 1977, en Isère. Un médecin grenoblois qui regagne ses pénates prend en stop une jeune fille. Il pleut énormèment, elle parle peu, fait presque "la gueule". Et comme dans le cas de l’auto-stopeuse caennaise elle s’affole à l’approche d’un endroit précis, un lieu-dit, en la circonstance : Le-Pont-du-Furet. Passé ce coin qui manifestement ne l’enthousiasme guère, elle demande au médecin de la déposer devant une maison qu’elle affirme être celle de ses parents. La pluie tombe toujours très violemment, le toubib lui propose alors son parapluie, mais lui demande de bien vouloir le lui ramener une fois qu’elle se sera couverte d’une capuche ou d’un imper. Il la voit ouvrir la porte et pénétrer dans la maison. Il attend, cinq minutes, dix minutes, un quart d’heure, puis se décide à aller frapper à la porte. Ce sont deux quinquagénaires qui lui ouvrent, la conversation s’engage. Oui, effectivement, la jeune fille décrite par le médecin a bien habité cette demeure, c’était leur fille unique, mais elle est enterrée depuis des années, un accident de moto, pas très loin d’ici d’ailleurs...au Pont-du-Furet.
Quelle(s) conclusion(s) tirer de tout cela ? Aucune bien-sûr. Quelques constatations tout au plus. Tout d’abord ces apparitions ne se produisent que de nuit, et ce sont toujours des femmes, généralement jeunes et jolies, et presque systématiquement vêtues de blanc. Pourquoi de blanc ? A ce propos certains avancent l’hypothèse que dans la mesure où ces jeunnes femmes ont pour la plupart trouvé la mort en sortant de boîte de nuit, elles portent encore les vêtements qui permettent de se mettre en valeur sous les spots de lumière noire des night-club. Après tout pourquoi pas. En tout cas pour le moment il faudra s’en contenter, ou alors considérer que beaucoup d’automobilistes ne sont que de gentils farceurs.